Avec DEBARCADERE, je voudrais sensibiliser le spectateur à l’histoire de l’autre, l’étranger, l’immigré, celui dont on parle souvent mais qu’on ne compte pas forcément pour ami ; celui ou celle que l’on montre parfois du doigt quand la colère monte, quand les trébuchements de la Société nous poussent à désigner un coupable ; celui que l’on fréquente parfois plus pour son exotisme que pour lui-même et dont on ne connaît au fond pas grand-chose.
Que cela plaise ou non, nous trouvons de fait en Europe des Sociétés multiculturelles et, faute de bien en peser la réalité, nous risquons de vivre à rebours de l’Histoire, ce qui le moins qu’on puisse dire n’est jamais très bon si l’on en juge par l’actualité récente et moins récente.
Il faut donc faire avec, du mieux possible et transformer ce qui peut paraître comme un inconvénient en avantage. Car l’Immigration, c’est aussi ceci : un formidable apport culturel dans la diversité, un élan de jeunesse démographique et un métissage salutaire, une incitation incessante à la tolérance, une garantie permanente d’évolution. Ne dit-on pas qu’avoir un enfant vous rend éternellement jeune ? Un pays qui s’ouvre à l’immigration ne se donne-t-il pas aussi une assurance pour l’avenir ?
Il reste des idées reçues à contourner, des mentalités à démanteler, des clichés qui ont la peau dure. J’aimerais avec DEBARCADERE contribuer à ce travail de sape en montrant à quel point les hommes et femmes, quelles que soient leurs origines, ont des envies communes, à quel point l’universalité humaine est une réalité, à quel point certains discours dangereux nous masquent cette évidence que nous sommes au fond tous les mêmes, tous égaux, tous tellement fragiles et humains… G.S.Y.

LA FAMILLE SANDOVAL : ON CROIT REVER !

Arrivés il y a 9 ans d’Equateur,  William Sandoval et sa femme ont réussi à s’intégrer en Belgique sans aucune aide gouvernementale. Leurs deux enfants sont nés là et sont scolarisés à Bruxelles dans une école de quartier, la Retraite du Sacré Coeur. Il y a deux ans, alors que la famille était déjà menacée d’expulsion, William Sandoval avait attiré l’attention des medias en montant sur une grue. A la suite de quoi, tout semblait être rentré dans l’ordre, parole de ministre. Et voilà qu’un ordre de quitter le territoire tombe à nouveau. C’est pas génial ce système de yoyo ! N’est-ce pas admirable qu’en l’an de grâce 2008 un fonctionnaire blanchâtre et kafkaïen puisse, d’un trait de plume, laisser partir un ukkaze réduisant à néant 9 ans d’efforts d’une famille parfaitement honorable et pacifique ? Et puis que fait-on ? On renvoie les parents et on garde les petits qui sont Belges ? On demande aux enfants d’adopter leurs parents ?!

A la suite du comité de soutien, toute l’équipe de l’Ecole de la Retraite du Sacré Coeur (dont il faut saluer au passage l’esprit de tolérance et d’humanisme ainsi que le militantisme intelligen) monte au créneau. Une pétition circule. Elle recueille en quelques jours plus de 800 signatures. Une réunion d’information a lieu le 11 mai dans les locos de l’école. Les medias sont là. La rtbf filme pour le jt. Et ce n’est pas fini : William qui est un musicien de talent a décidé de chanter durant 24 heures pour attirer l’attention du grand public sur son cas et celui de dizaines d’autres de ses compatriotes… Il sera rejoint dans sa performance par tous les artistes sensibles à sa cause.

“Les familles comme la mienne
sont pareilles aux étoiles :
il y en a beaucoup.
Les étoiles illuminent les soirées.”
William Sandoval

site de William Sandoval : http://williamsandoval.com/

Comité de soutien (pour obtenir les pétitions) : Comité de soutien « Famille Sandoval »
Retraite du Sacré-Cœur
Rue Charles Quint, 114
1000   Bruxelles
0477/50.58.77.
dnokin@rtl.be

CIRE (Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Etrangers) : http://www.cire.be

Renseignements sur la soirée “24h de musique pour une régularisation” : Daniel Nokin président du Comité de soutien : : dnokin@rtl.be

JT RTBF/Famille Sandoval